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Plaidoyer pour une réphorme de l’Ortografe

Réforme de l'orthographeNos parents, munis pour la plupart du seul certificat d’études primaires, écrivaient correctement le Français et pouvaient rédiger un texte d’une ou deux pages sans  faire de faute d’orthographe ou presque. Tel n’est plus le cas aujourd’hui : à l’heure des SMS et de twitter, l’orthographe n’est plus une préoccupation majeure, et la plupart de nos concitoyens n’ont plus honte d’envoyer sur les réseaux sociaux des textes remplis d’énormités orthographiques. Que faire ?

Il existe encore  des puristes, de plus en plus âgés et de moins en moins nombreux, qui estiment que tout cela va dans le même sens, celui de la décadence de notre société et de la nullité de notre enseignement primaire et secondaire. Il y a aussi des « modernes engagés », de plus en plus nombreux, qui estiment que les vrais problèmes sont ailleurs, et que l’orthographe importe peu auprès de la nécessité d’inculquer à nos enfants les vraies valeurs, qu’elles soient morales, climatiques ou sociales. Pour ces derniers, le respect des valeurs dites républicaines est incomparablement plus important que le respect de l’orthographe : pour eux, « l’affaire du siècle » est  de sauver la  planète plus que de se fatiguer à écrire correctement notre langue.  Et puis enfin, il y a ceux  qui pensent que  notre orthographe est beaucoup trop compliquée.

 

Je ne sais pas qui a raison, mais je crois que le temps des puristes ne reviendra et cela pour une bonne raison, contenue en filigrane dans l’orthographe fantaisiste du titre de cet article. Pourquoi faudrait-il écrire « réforme », et non pas « réphorme », et « orthographe », plutôt que « ortografe » ? Pourquoi un « château » s’écrit-il avec un accent circonflexe, alors qu’un « chapeau » ou un « chat » n’en ont pas ? La réponse à ces questions se situe bien entendu dans les origines grecques et latines de notre langue.

 

Or, il se trouve que plus personne ou presque n’apprend plus ni la Latin, ni le Grec à l’école, et ce qui est vrai pour les élèves le sera aussi, évidemment, dans quelques décennies, pour les professeurs. Dans ces conditions, comment des professeurs de Français qui n’ont fait ni Latin ni Grec pourront-ils expliquer à leurs élèves les différences décrites plus haut ? Ne serait-il pas préférable de supprimer dans notre orthographe les accents circonflexes, les « th » et les « ph » ? Notre langue, déjà tellement malmenée, s’écroulera-t-elle le jour où le « a » de château s’écrira comme celui d’un chat ?

 

J’entends déjà, face à de telles éventualités, tous nos puristes, dont je pourrais et devrais faire partie puisque j’ai une licence de lettres classiques, crier à l’infamie. Il est vrai pourtant que, même à l’Académie Française, un jour viendra où nous aurons des « immortels » qui n’auront fait, eux non plus, ni Grec ni Latin. Ce qui est aujourd’hui une plaisanterie incongrue apparaîtra alors, peut-être, comme une simplification salutaire... Reste à comprendre pourquoi nos parents, sans connaître le Grec ni le Latin,  écrivaient correctement notre langue. Cela est une autre histoire !

 

 

Pierre le Roy, janvier 2020

 

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